Transit • 04

Point de vue de l’ensemble de la salle du procès depuis la porte de sortie des juges vers la salle de délibération.
Les spectateurs ont la possiblité de s’assoir à place des juges ou rester à l’extérieur de l’installation.
Cadrage sur le couple Ceausescu.
Retransmission du procès diffusé sur TF1 le 22 avril 1990.

Le procès

La révolution roumaine de 1989 fut la première révolution télédiffusée de l’histoire ; le point culminant étant le procès du dictateur Ceausescu et de sa femme qui s’acheva par leur exécution sommaire le 25 décembre 1989. Le projet interroge notre rapport à la mémoire de l’image issue de l’information télévisuelle, en prenant comme point de départ la diffusion du procès du dictateur Nicolae Ceausescu et de sa femme sur Tf1 le 22 avril 1990 à 22h30.
L’installation est la reconstitution, à l’échelle 1, de l’espace où s’est déroulé le procès à partir du dessin de Bruno Carpentier publié dans Libération, le 28 avril 1990. Le dessin prend comme point de départ les images du procès et montre la configuration de l’assemblée qui jugea les Ceausescu. On imagine alors une salle de tribunal, mais cette reconstitution, à l’échelle 1, révèle un espace exigu (une pièce de 5mx4m) où s’entassent, les uns contre les autres, les acteurs de ce procès (juges, avocats, greffier..). L’espace nous donne de précieuses indications quant à la nature de ce procès.
Le procès a été filmé par un caméraman amateur, caméra à l’épaule, qui sans doute exécutait les directives de cadrages données par les orchestrateurs de cette immense «farce». Le cadrage est essentiellement dirigé sur le couple Ceausescu avec des plans très serrés et il y a très peu de prises de vue du reste de l’assemblée.
Le parti pris de l’installation est d’encadrer les portes et fenêtres, tous ces points de vue donnant sur l’extérieur du lieu, permettant au spectateur de pratiquer un autre type de cadrage : le hors-champ, c’est-à-dire ce qui est en dehors de ce qui est donné à voir.
L’installation est élaborée à la manière d’un décor de cinéma à l’image de cette mise en scène organisée par ceux qui ont initié le procès. Ici les spectateurs deviennent les protagonistes de l’Histoire en ayant la possibilité de s’asseoir à la place des juges. L’information visuelle et journalistique est-elle garante de l’Histoire ?
Une télévision diffuse des fragments du procès. Elle est située à l’emplacement du couple Ceausescu. Ce n’est que par cette disposition que les spectateurs peuvent réaliser qu’ils sont dans une version reconstituée de l’image diffusée à la télévision. Dans cette mise en abîme de l’espace, on assiste aussi à la diffusion en voix off d’une interview du Colonel Boeru qui a organisé l’exécution des Ceausescu.


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